TIC et compétitivité

L'investissement dans les technologies de l'information est reconnu comme l'un des principaux facteurs de différenciation pour la compétitivité des entreprises, et donc de croissance des économies. Aux Etats-Unis, 40% de la croissance constatée ces dernières années est imputable aux TIC selon l'OCDE. C'est en particulier un facteur majeur dans les décalages qui se sont créés au cours de la décennie 1995 - 2005 entre les Etats-Unis et les pays d'Europe du Nord (Royaume-Uni, Pays scandinaves) d'une part, et les grands pays développés d'Europe continentale d'autre part, en particulier la France. Ainsi, toujours selon l'OCDE, les entreprises françaises et notamment les PME, qui se situent dans la moyenne européenne, investissent deux fois moins dans les TIC que leurs homologues aux Etats-Unis.

Cet investissement n'est pas seulement affaire de volume : si on constate dans la plupart des secteurs de l'économie française un réel déficit (en pourcentage du chiffre d'affaires, ou en part d'investissement productif total), la performance du retour sur investissement (ROI) en termes d'activité nécessite un véritable effort de réflexion stratégique au sein de l'entreprise.

Le développement de l'usage des technologies de l'information est porteur de véritables transformations des systèmes de management, des organisations, des processus de l'entreprise et souvent du modèle d'activité même de l'entreprise : seule une réflexion approfondie du management exécutif (maîtrise d'ouvrage) permet de définir le couplage pertinent entre ces transformations et la configuration technique, en termes de technologies de l'information, qui produira le meilleur effet sur la performance de l'entreprise.

Par ailleurs, le développement d'Internet a élargi le périmètre de ces transformations, de l'entreprise elle-même à l'ensemble des flux d'échanges entre l'entreprise, ses clients et ses fournisseurs ; c'est ce que l'on désigne souvent sous le nom d'entreprise étendue, ou de mémorisation de bout en bout des processus. Ainsi, la transformation des modèles d'activité, des systèmes de management, des organisations et des processus met en jeu dorénavant l'ensemble des entreprises qui entretiennent entre elles comme avec les clients finaux, un réseau dense et cohérent de flux d'échanges ; le processus de conception des produits, comme les processus de production et de distribution, sont en particulier au centre de cette transformation collective. Les PME, qui constituent une partie très importante du réseau de sous-traitants, sont au cœur de ces transformations.

La redéfinition de ces transformations de fond, porteuses d'une meilleure compétitivité, ne peut pas être le fait d'une entreprise prise isolément ; elle nécessite un travail collectif dans lequel doivent être impliquées les entreprises interdépendantes dans ces flux d'échanges, qui forment ainsi de véritables écosystèmes. Ce concept constitue le point d'ancrage de l'appel à projets. Il se définit comme un espace propre de processus entre des entreprises et interdépendants entre eux.

L'originalité de l'appel à projets est constituée par l'ambition de faire passer l'effort de redéfinition des processus depuis la dimension individuelle des entreprises jusqu'à la dimension collective des filières. Seules les propositions correspondant à cette ambition novatrice seront recevables pour le présent appel à projet.


Article ajouté le 2007-01-22 , consulté 44 fois

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